gruyeresuisse

04/02/2017

Sherry Parker une chatte aux coussinets feutrés

 

Sherry Parker.jpgSherry Parker (qui a étudié à Lausanne) sort ses doux sarcasmes par ses collages. Cela évite aux mots de faire la morale. Pour autant l’artiste évite toute impasse sur la métaphore visuelle. Elle prouve que le destin et le défi des postmodernes restent de gratter la poussière des apparences. Elle reconstitue l’homo sapiens à partir de ses morsures. Elle ignore la mesure lorsqu’il s’agit d’évoquer l’existence mais elle montre tout autant à travers ses fresques ce qui fait tourner en bourrique. Pas question de caresser un blanc-seing ou de dormir sur la table de l’atelier.

 

Parker 2.jpgSherry Parker ne cesse de remettre le couvert dans ses narrations où un pigeon borde au besoin un lit à baldaquin. Qui sait si ne se trouvera pas une viole de gambe sous les sabots d’un cheval ? Bref la praticienne poursuit sa quête avec une finesse exquise. Elle fait penser à une chatte aux coussinets feutrés en perpétuelle action d’émerveillement en partant pourtant de ce qui ne prête pas à rire. La collagiste dédouble les caps de bonne espérance et fait jaillir d’un édredon une vois lactée : sa trainée de poudre éclatante s’étend sur des brassées de nuit. Manière d’essuyer les railleries et les « angelures » en négociant des mesures indicibles dans le moindre jardin de groseilles.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

"Stranger than fiction", Sebastopol Center Of Arts, Sebastopol (Californie, USA) du 4 janvier au 12 février 2017.

 

 

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