gruyeresuisse

21/12/2016

Peter Franck : vues de dos. Ou presque.

Franck 5.jpgStation debout (mais pas toujours), les femmes de Peter Franck sont au milieu de leur île. Plus besoin de mettre les voiles pour les atteindre. Ni d’ailleurs forcément les enlever. D’autant qu’elles le font elles-mêmes. Ce sont des mauvaises herbes qui brûlent le vent. Vêtus de leur peau et de quelques atours les corps font de la femme une déesse dont la tête parfois se renverse pour différents orgasmes ou péchés : luxure, gourmandise etc.

Franck 4.jpgReprenant la culture des principes contraires Franck crée une narration particulière : la vieille esthétique des films porno est tricotée au profit d’un nouveau style. La courbure des corps - précisément calculée - ouvre à la drôlerie, à la farce ludique. Tout est saisi de face mais de dos. Bouche et mains se touchent mais « par défaut ». Les chausse-trappes constellent un territoire interdit. Il suffit qu’une naïve (mais pas trop) lève les bras : le tour est presque joué. La langue sur les lèvres espère conserver la chaleur du foyer. Mais pas celui que le voyeur a espéré. Bref la photographie devient un puits avec une corde au milieu pour pendre celui qui croyait y descendre afin de prendre un bain de jouvencelles.

Jean-Paul Gavard-Perret

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