gruyeresuisse

04/12/2016

Le silence de l’île : Barbara Bonvin

 

Bonvin.jpgBarbara Bonvin, « Impressions d’Islande », du 2 au 18 décembre, La Menuiserie, Lutry

Barbara Bonvin, à travers différentes techniques (peintures, estampes, dessins) évoque l’Islande en tant que corps et peau. Partant d'une expérience existentielle qui puise sa source dans l’île habilement remodelée par les interventions plastiques, l’artiste entame une desquamation et un tatouage loin de toute posture psychologisante même s’il s’agit d’un poème d’amour tendu vers la terre double qui souffle le froid et le chaud. Le souffre n’y est plus mortel. Les images et les techniques sont choisies par souci d'économie sémantique et bien sûr pour la rythmique qu’elles génèrent.

Binvin 3.jpgLe dévoilement poétique a donc lieu par des images « matières » autant que sens. D’où cette palpitation du vivant en une mise en scène minimale en s’appuyant sur les espaces - tissus et tessitures. Le corps de l’île est évoqué en harmonique et dissonance loin de toute métaphore. L’élément marin et la force tellurique de l'île sont pris dans l'infini de leurs fluctuations  aux masses floues et indistinctes mais la plasticienne  évite le piège de la confusion afin de présenter une infusion vitale là. Elle peut s’écrier : "je suis en territoire - conquise mais non en territoire conquis".

Jean-Paul Gavard-Perret

Les commentaires sont fermés.