gruyeresuisse

04/12/2016

Cendres Lavy ou les flammes de l'existence

 

Lavy bonbonbon.jpgCendres Lavy par divers facteurs et pour plusieurs raisons, dont il serait vain de faire l’inventaire, accorde attention à une série d’indices, corporels (voire plus). Femmes et hommes sont animés de faisceaux énergétiques quasi magiques et tout autant farcesques. Philosophe, l’artiste l’est. Mais aux pesants traités sur la corporéité elle préfère « dire » le corps. Ou plutôt le montrer. Elle a pris sur elle de considérer tous principes, repères, acquis, habitudes, comme des hérésies. Leur valeur doit être remise en cause afin de trouver de nouvelles logiques nées à la fois de l’instinct mais tout autant du background d’une culture que la créatrice ne fait jamais état. Elle a mieux à faire. Il s'agit d'avancer, de repartir comme d'un degré zéro selon une conception mentale qui demeure capitale. Le but est d’accomplir un désir qui saute d'une image ou d’une série à une autre avec fantaisie acide.

Lavy bonbonbon 2.jpgNéanmoins la plasticienne s’arrête au point où devenir sarcastique, cynique serait maladroit, malséant. D’autant qu’elle doute d’elle-même comme des idées reçues- mais juste ce qu'il faut. Elle n’est pas de ces poissons qui croient en dieu sous prétexte que c’est lui qui changerait l’eau de leur bocal. Elle n’est pas plus de celles qui prétendent changer les choses mais ne font que les tourner. Si, elle, les tourne c’est en ridicule afin de faire jaillir une vérité. C’est pourquoi de telles images intriguent, déroutent, amusent, éveillent. Elles peuvent déclencher une réaction presque instinctive de plaisir mais tout autant de recul : entendons réflexion. Lavy bonbonbon3.jpgL’artiste remixe nos images acquises pour leur donner un nouveau sens - à savoir du corps. Reprenant les clichés (body-buildeuses par exemple ou autres « monstres » qui nous ressemblent) elle les détourne de manière comique et conséquente. C’est un miroir plus ressemblant qu’on ne le pense. Si bien que l’œuvre devient une arme - apparemment inoffensive : elle entretient toutefois, des connivences avec l’arme à feu. Certes elle ne tue pas : elle fait bien mieux : elle cicatrise par divers types d’opérations - entendons ouvertures.

Jean-Paul Gavard-Perret

Voir absolument :www.cendreslavy.net

 

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