gruyeresuisse

29/11/2016

Daniel Templon : de l'importance d'être constant

 

Templon bon.jpgPrivilégiant la qualité aux prurits saisonniers, indifférent aux étiquettes et classification Daniel Templon continue à proposer ce que l'art du temps possède de plus probant. L'immense corpus des "50 Years" fait le point sur un galeriste devenu complice des artistes qu'il soutient. Son travail de diffusion garde un caractère expérimental. Images, sculptures, objets matérialisent des surfaces et volumes "réfléchissants" le monde et l'époque. Et chaque année Daniel Templon ouvre le regard à de nouvelles approches. Citons par exemple le tournant des années 10. Il expose pour la première fois en Europe: Anju Dodiya dont le travail est un acte de rébellion et d'exorcisme. Elle frappe par la violence de ses thématiques et la subtilité de leur traitement et leur chorégraphie.

Casebere.jpgLa même année il expose à nouveau James Casebere, photographe des architectures minimalistes et des lieux étrangement vides et ambigus. S’appuyant sur un goût de l’architecture et des sources cinématographiques, l’artiste est revenu au mouvement « staged photography » qui fut une source de l’avant garde et dont il fit partie aux côtés de Jeff Wall et Gregory Crewdson. Citons encore le peintre américain Will Cotton qui joue à la fois sur l’assouvissement et la frustration du désir en réinterprétant les références à la peinture française du XVIIIème siècle (Fragonard et Boucher). Ses toiles sont comme des utopies et des songes où se revisite une forme de baroque avec une touche de classicisme en des paysages éthérés et des créatures féeriques parées de diadèmes de biscuit. Sous l’aspect de friandises bien des effets-mères et des pertes de re-pères jouent à fond

Templon.jpgCes trois exemples montrent l’importance d’être constant au sein d’une quasi morale esthétique. Daniel Templon peut la revendiquer avec fierté. « 50 Years » sera une référence. S’y découvrent des œuvres majeures. Et qu’importe si le lecteur a peur de ne pas toujours saisir leurs tenants et leurs aboutissements. Les corpus critiques comme l’interview préface du galeriste précisent ce qui se tisse en des images où cachent nos desseins.Templon 3.jpg Preuve que l’art lorsqu’il est probant suit l'histoire des êtres et de leur connaissance. Suit comment la masse du monde prend forme chez les artistes conséquents. Ceux qui ne se limitent pas à savoir ce que deviennent les formes mais comment et pourquoi elles deviennent formes. Et comment,en se redistribuant sans cesse, elle transforme le regard.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Galerie Templon, « 50 Years », Editions Templon, 960 p., 37 E., 2016.

00:28 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Oui l'art suit l'histoire des êtres et de leurs connaissances . Un demi siècles est probant pour Templon en toute saison .

Écrit par : Villeneuve | 29/11/2016

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