gruyeresuisse

28/11/2016

Andreas Hochuli et Tristan Lavoyer : l’amour absolu ment ?

 

Hochuli.jpgAndreas Hochuli et Tristan Lavoyer, « Et Maman m’a dit », Circuit, Lausanne, 3 décembre 2016 au 28 janvier 2017.

Existe-t-il d'autres passages que le texte et ses images afin que l’éros glisse de l’individuel au collectif, du plaisir au politique ? La mélancolie du monde s’en trouve modifiée voire effacée. Le texte joue, sur ou contre les images (tout contre). L’éros fait merveille quoique puisse affirmer les mamans. Elles-mêmes y ont succombé afin que notre présence soit.

Hochuli 2.jpgHochuli et Lavoyer leur entament le pas tout en élargissant le propos, les messages. Un flot élémentaire emporte pour rétablir une unité. Qu'importe alors si le centre de l’amour ne coïncide pas toujours avec celui de la vie. Quand le coeur de l’être cherche asile il ne se réfugie plus en lui mais en son double. Il devient nu, purement matériel. Et dans le cas contraire la fiction et l’image comblent les vides du côté de l’insaisissable.

Hochuli 4.jpgLa sexualité est donc et à la fois faite d’ombres et de leur contraire. Son évanescence se désagrège parfois dans l'hypothèse du réel comme une promesse non tenue. Mais Hochuli et Lavoyer prouvent que tout jaillit d’une même « pierre » ou mère - philosophale ou non. Chaude, elle parvient à modérer le froid de la glaciation du monde sur l’île perdue du corps avant qu'il se change en poussière. Il devient alors « re-père ».

 

 

 

Hochuli 3.jpgLa critique du réel ne résiste pas (totalement du moins) au plaisir. Lui seul répond à sa violence comme à sa désexualisation programmée sous des apparences trompeuses. La seule certitude de l’art reste de changer le monde et que l’âme du corps social (du moins ce qui en reste) sombre dans la vie des corps. Il faut qu’ils retrouvent leur usage.. L’art désire le tu de l’amour absolu, organique pour faire abdiquer la violence organisée du monde.

Jean-Paul Gavard-Perret

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