gruyeresuisse

26/11/2016

La rhétorique du silence de Dorothée Wycart

 

Wycart.pngD'abord le corps. Parfois le lieu. Ou plutôt les deux. Les glissements opérés par Dorothée Wycart évoquent combien être c’est percevoir, c’est être perçue. Mais pas totalement. Les photographies font pencher plus bas la tête, fige longuement une jambe. Restent néanmoins la certitude de l'incertitude, la vacance de la vacance. Le corps jaillit en coulées, en mirages. Entre le jour et la nuit. Le clair-obscur crée le trouble, contredit l’évidence toujours factice : la « vérité » de corps possède une part d’imperceptible inavouable.

Wycart 2.jpgLe même devient le double. Chéri par pénombre, il est l’errant de l'ombre classieuse. Celle-ci avance avec l’insomniaque rêveuse. La photographie la sort de l’immobilité des statues en un pur spectacle où l’image s’enfonce en harmoniques dans une rhétorique du silence

Wycart 3.jpgLes fonds s’indéterminent par le noir et blanc. Il est temps de pénétrer des domaines secrets où le corps devient la mèche délicate aux milieux des éléments premiers. Rien ne manque mais tout est absence, suggestion. Le corps se sentant s'effriter de délices rampe, émerge subtilement. Jaillit, disparaît jusqu’à l'épuisement : ni le possible, ni l'impossible ne sont encore des garde-fous. Tout est instauré en ébullition. S’éprouve le creux où tout commence en une clarté qui égare mais où l'ombre réduit les mots au silence.

Jean-Paul Gavard-Perret

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