gruyeresuisse

24/11/2016

L’image et son double : Peter Tillessen


Tillessen.jpgPeter Tillessen, « Superficial Projects », Centre de la photographie Genève, du 25 novembre 2016 au 22 janvier 2017.

La privation de l’appréhension du monde ne surgit pas forcément de l'anachorèse monacale. Elle peut passer par les images. « Superficial Images » initié par le Zurichois Peter Tillessen le prouve. Ce travail de recollection documentaire est basé sur l’idée que la photographie ne peut montrer la complexité du monde sans l’apport verbal. Elle contredit la fameuse formule : « une image vaut mille mots ». L’image, seule, reste en sommeil. Elle ne reflète plus rien sans apparat critique.

Tillesssen 2.pngL’artiste instruit donc une discrimination classique mais selon un angle particulier. Néanmoins - ultime paradoxe - il doit passer par l’image pour le prouver. Ce n’est pas pour autant l’histoire du serpent qui se mange la queue. L’artiste fait pénétrer dans un état où la frontière entre le monde du sommeil et le monde de l'éveil, entre le monde réel et le fantasme n'a plus de signification. Stratège ludique et judicieux l’artiste par son travail analytique crée une poésie critique où l’altérité prend tout son sens de même que la notion de regard décalé. Il ne se contente jamais d’une pure dénonciation facile et factice de l'hypocrite » iconique : il la met en abîme et en perspective.

Jean-Paul Gavard-Perret

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