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31/10/2016

Valentin Carron : dépositions


Carron.jpgValentin Carron, « Deux épaisseurs un coin », Centre d'Edition Contemporaine, Genève, du 16 septembre au 26 novembre 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carron 2.pngValentin Carron joue du décalage des éléments de la culture populaire et muséale, du quotidien et même des médiums qu’il choisit. Cassant le décoratif - mais pour le remonter autrement - il propose une ironie faite de beauté et d’un brin de nostalgie. C’est habile et efficace. Au CEC il présente deux travaux inédits : « L’Exercice » film et « Sunset Punta Cana » (édition d’un livre accompagnée de « Deux épaisseurs un coin », sculpture issue d’une série de plaque de bronze. L’ensemble se compose de ce qui est à la fois exemplaire unique et la partie d’une série : ce qui sous-entend une absence.

Carron 3.jpgLe film (pas d’une marche sans fin en une sorte de néant), la reproduction d’une couverture de livre (soleil couchant) et la plaque (avec rebuts insérés dans le bronze sous formes de reliques) créent les portions d’une narration. Elle demeure ouverte à partir de tout ce qui est sensé appartenir à l’oubli. Reste le « coin » d’un et en manque. L’œuvre d'un des plus prometteurs artistes non seulement suisses  mais internationaux creuse autant l’attente que l’inachèvement pour leur dépassement en une forme d’huis-clos. La pensée s'y sent soudain poussée plus loi, hors d’un monde magique et pour l’avènement de celui où rien n'est jamais fini, où les pensées qu'on croyait mortes (avec le temps) persistent et où celles qu'on croyait incompatibles se mélangent.

J-Paul Gavard-Perret

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