gruyeresuisse

18/10/2016

Détours de la pulsion scopique : Débora Barnaba

 

Barnaba.pngAvec Débora Barnaba le corps est et n’est pas. Ce n’est qu’un combat dont le photographe continue le début. Le corps est en n’étant pas, sinon par morceaux, par ersatz et par des décors qui semblent veiller sur lui. La photographie l’emporte sur la corporéité en un mariage obsédant du vrai et du faux en un changement de paradigme.

Barnaba2.pngLe spectateur peut prendre conscience à la fois de la force et de la vacuité de l’éros dans des contrastes d’une perfection visuelle. La photographie crée moins une occultation qu’une déréalisation charnelle dans la blancheur d’une lumière presque irréelle. La méthode comporte une habile perversion : elle en produit tout le charme. Une conquête à peine démêlée, une autre embrouille se dessine pour déboîter le voyeur de ses réflexes et stimuli habituels. Des formes se répètent, se déclinent en peu de couleur mais en pleine lumière dans le miroir, il montre un faible dégradé de chair pour une réverbération paradoxale.

Jean-Paul Gavard-Perret

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