gruyeresuisse

16/10/2016

Soulèvements d'Ursula Mumenthaler

mumenthaler 2.jpgUrsula Mumenthaler, « AREA », Galerie Gisèle Linder, 4 novembre 2016 au 7 janvier 2017.

Partant d’images de catastrophes chères à Paul Virilio Ursula Mumenthaler scénarise la lutte de l’homme face à une nature qu’il tente de dominer. Elle demeure néanmoins son invincible maîtresse. Avec "AREA" le brassage tumultueux, le soulèvement de la nature n’est pas un acquiescement mais un débordement qui nourrit la peur. La nature reste une dilatation face à laquelle l’être humain répond par l’artificialité qui se veut monumentale, puissante mais reste inopérante.

Mumenthaler.jpgLa chape de plomb de la nature pèse sur les oeuvres photographiques d’Ursula Mumenthaler et leurs bâtiments placés dans un paysage angoissant. Les maquettes de villes sont entourées de photographies de façades berlinoises et parisiennes avec, en superposition, des paysages réels qui écrasent les constructions. La création humaine est à la fois battue en brèche et soulignée par des architectures qui évoquent des civilisations provisoires. La fragilité est omniprésente en de telles constructions exemptes de leurs cortèges humains. Tout reste dans l’immanence du "divin à l’état pur" (Bataille) de la nature face auquel l’homme ne peut rien même si sa mémoire et ses pouvoirs tentent de s’y inscrire. Ce qui se construit va à une perte programmée. Le soulèvement des bâtiments ne fait que souligner la défaite et la chute humaines. Elles se répètent d'une civilisation à une autre.

Jean-Paul Gavard-Perret

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