gruyeresuisse

04/10/2016

Des crépuscules musicaux à l’aube plastique : LP Company



AAACompany.jpgLP Company, “Dis moi qui nous sommes” du 12 octobre 2016 au 19 novembre 2016, Galerie Heinzer-Rezler, Lausanne.


Le collectif lausannois The LP Company représente l’exemple d’un genre cultive la postmodernité artistique. Composée de l’écrivain Laurent Schlittler (L) et du scénariste Patrick Claudet, (P) la Company possède plus de 6000 disques vinyles (de musique underground). Cette collecte de données devient l’initiatrice de bien des projets. Elle est aussi la mouche du coche des passionnés. AAACompany 3.jpgA partir de ce corpus ils déploient des propositions à caractère biographique aussi fictionnel que réel puisqu’ils ponctuent le quotidien du groupe dans plusieurs medias. Peu à peu de cette collection  générique a été recomposée et présentée aux  rencontres d’Arles,  au Musée de l’Elysée à Lausanne, au Palais de Tokyo à Paris. 50 albums ont fait l’objet d’un livre ("Le Mot et Le Reste" 2014) et plusieurs morceaux de l’ensemble ont donné lieu à des reprises par des groupes suisses et/ou internationaux.

AAACompany2.jpgImages projetées, diffusion de musique avec parfois matériel conférenciers: un écran, une imprimante, deux micros, une sono, une connexion internet, une table, deux chaises) développent une étrange poésie du réel et de l’imaginaire selon une forme de « narration » multipartitas où L. et P. ne cherchent pas à se mettre en exergue. Ils travaillent à l’illustration et le défense des arts sans souci des “signatures”. Leur travail se développe comme une immense métaphore : en effet la métaphore cicatrise le temps et ce travail a pour but d’amarrer la nuit des aux plus claires des lendemains matins. Ceux-ci, même lorsqu’ils bâillent, sont saisis d’une éternelle insolation à travers images et musiques. La parade est permanente : n’est-ce pas la manière que possède les arts pour lutter contre les idées fades ?

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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