gruyeresuisse

02/10/2016

De Chet à Bastian (Baker)

 

Bastian Baker.jpgLe lausannois Bastian Baker a contre lui son look de beau gosse qui pourrait le réduire à un Justin Bieber helvétique et confinerait son espace vocal et musical à une image. Mais à l’inverse de l’icône superfétatoire made in USA, le Vaudois ne cherche pas à parler de ce qu’il ne connaît pas. Il évite les vertiges de l’amour qu’il ignore (« je n’ai pas vécu de longues relations qui m’ont déchiré au point de composer trois albums sur le sujet ») et privilégie des textes sur des relations moins égotiques - jusqu’à la religion et la relation au temps (dans « Charlie from Sydney » par exemple après l’attentat au journal Charlie Hebdo). Et lorsqu’il aborde le thème classique sentimental c’est moins pour roucouler qu’afin d'évoquer des visions plus complexes. Certes il existe du romantisme dans ses textes mais l’auteur n’en fait pas un absolu comme un autre Baker : Chet.

Bastion Baker 3.jpgDéjà titulaire eux disques de platine, de cinq Swiss Music Award, et d’un World Music Award, Bastian poursuit son chemin. Mixé avec Mark Plati (guitariste de David Bowie) son nouvel album est plus folk que les deux premiers (Tomorrow May Not Be Better et Too Old to Die Young - clin d’œil à un classique du genre et qui fit un habitué du festival de Montreux – Jethro Tull) avec l’intrusion de l’harmonica, du banjo, des cuivres. Bastian Baker 2.jpgL’album est accompagné d’un descriptif de la genèse de chaque chanson qui justifie pour l’auteur de l’importance de ses paroles. Après son tube "Lucky" (2011) et sa reprise d' "Hallelujah" et un univers bien calé, l’artiste prend donc un virage tout en proposant toujours des mélodies impertinentes. Elles font de lui un des artistes internationaux les plus intéressants de la musique de variété. Il ne faut pas demander au genre plus que ce qu’il peut donner. Mais rien lui retirer est essentiel afin de se laisser séduire par le charme vocal d’un nouveau crooner.

Jean-Paul Gavard-Perret

Bastien Baker, « Facing Canyons », Phonag Records, 2016

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