gruyeresuisse

25/09/2016

Alistair Taylor-Young : exposées

 

Taylor 3.pngLes nus d’Alistair Taylor-Young sont moins des images libertines que des symptômes architecturaux de l’espace dans lequel ils s’intègrent. Le so british photographe enregistre non la réalité du fantasme mais de la réalité. L’appareil voyeur devient une mécanique plaqué sur le vivant qu’il feint de prendre "en douce". Taylor 4.pngAvec une telle série le créateur à la fois s’amuse et donne un bel exercice de perfection technique. S’y retrouvent ses égéries aux jambes interminables : même Helmut Newton est dépassé dans une synthèse de l'ambiguïté de la photographie et de son jeu de séduction.

Taylor 5.pngReste alors à se poser la question de savoir qu’est ce qu’une image ouvre ? Que devient l’art quand la nudité du corps s’en empare, c’est-à-dire l’agrandit et le renverse ? Quelle sidération est proposée ? Alistair Taylor-Young répond que par elle-même la nudité n’est pas signe de transgression et de subversion. Tout dépend de l’usage qui en est fait. Néanmoins et contrairement à ce qu’écrivait Bataille (« la nudité peut-être la plus pudique des exhibitions ») elle n’est pas ici d’une nature de sainteté. Elle permet simplement une forme de virtuosité.

Jean-Paul Gavard-Perret

Alistair Taylor-Young, “Nudes”, The Little Black Gallery, Londres, jusqu’au 8 Octobre 2016

10:32 Publié dans Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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