gruyeresuisse

17/09/2016

Veuve Alvilda : adorable menteuse

 

Alvida 3.jpgVeuve Alvilda dit faire de « petites photographies ». Tout juste si elle n’ajoute pas « sans importance ». De fait la jeune artiste crée des fictions enjôleuses, cajoleuses et démoniaques. Et il n’est pas jusqu’à la notion de genre d’y subir certains détours. Existe une « science » de l’esprit et du corps, de leurs fêtes et de leur ascèse à l’entrecroisement de la nécessité et de l’accident. Ils interagissent pour transformer le réel en chien fou qui dépasse l’illusion platement érotique. Ce qui pourrait se nommer « pornographique » devient une farce à paillettes pour repousser les limites de certains jeux que la littérature établit le plus souvent derrière ses parapets ou paravents japonais.

Alvida.pngLes déterminations changent de cap par le langage plastique d’une telle veuve joyeuse voire un rien clito… A ce titre le monde et sa sexualité peuvent paraître effrayantes mais il y a là une nécessité pour comprendre ceux qui vivent le stupre dans la crasse ou la prostitution. En cette figuration une unité a lieu : elle fait avancer jusqu’à l’histoire des images entre utopie, réalité et quintessence de la « viande » (Artaud). Alvida 2.pngVeuve Alvilda capte un élan scandaleux sans doute aux yeux de la morale des adorateurs du dieu unique : il n’existe plus de hiérarchie. L’homme n’est pas plus le roi de la création que le lion n’est celui des animaux et le chien est autant un frère que n’importe quel humain - et ce sans effet de réincarnation.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Oeuvres visibles chez Corridor Elephant, Paris.

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