gruyeresuisse

14/09/2016

Andreas Tschersich : misère de l’architecture

 

Tschersich.jpgAndreas Tschersich « Peripher », Editions Patrick Frey, Zurich, 164 p. , 40 E., 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 


Tschersich2.jpgAndreas Tschersich envisage les espaces de la périphérie urbaine en tant que phénomène structurel et esthétique global dans une vision du théoricien et architecte Rem Koolhass. Pour le natif de Bienne installé à Berlin les banlieues de Charleroi, La Louvière, Liverpool, New York ou Tokyo sont le prétexte à des ballades : l’artiste y recherche ses motifs au hasard et ses photographies sont le résultat d'un assemblage numérique.

Tschersich4.jpgTschersich ramène à des lieux de l'architecture banale rejetée aux lisières des centres et remisée en une misère ornementale. Que voit-on sinon des boîtes à armatures métalliques, des maisons préfabriquées, des hangars en ruine devenus des lieux fourre-tout et tous ? C’est le territoire interlope du vide et du trop-plein, l’espace insignifiant, sans identité ni qualité où se duplique du même.

Tschersich3.jpgDu paysage il n'est alors plus question. Loin du centre de la ville non seulement le décor a changé mais il a disparu. Le saut vers la périphérie fait le jeu à un enlaidissement accru où l’espace étire son multiple à l’infini sans doute rassurant puisqu’il est le même partout. Chaque zone périurbaine rappelle la question d’un enlisement et d'une défaite : l'être contraint et forcé y patauge. Il n’a cesse de tourner en rond là où le regard butte sur ce qui ne mérite même plus le nom de paysage. La boucle se boucle en un fantastique système de récupération dans un éloge implicite de la bordure devenu vide à remplir par n’importe quoi et n’importe comment.

Jean-Paul Gavard-Perret

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