gruyeresuisse

09/09/2016

Korean Delires : Françoise Huguier


Huguier 4.jpgLauréate du prix Albert Kahn 2016 Françoise Huguier permet de découvrir de manière ludique, enjouée (mais pas toujours) de la Corée du Sud telle qu’elle est. Seoul est surpris sous différents aspects : tradition et comportement avant-gardistes s’y mêlent en un patchwork coloré. S’y rencontre bien sûr les boys-bands locaux de la « K-pop » qui a envahi le monde entier. Huguier 3.jpgLes rues frétillent des jeunes filles issues de la nouvelle vague coréenne (« Hallyu ») aux looks « fashion » plus improbables encore que ceux de leurs consoeurs de Tokyo. Françoise Huguier après diverses enquêtes filées a d’ailleurs pu suivre un girls-band (« La Boum » sponsorisé par une clinique de chirurgie esthétique…). Elle l’a photographié en un clin d’œil génial au « Marie-Antoinette » de Sofia Coppola.

Huguier 2.jpgTout dans cette série (jusqu’au cercueil ouvert pour une cérémonie mortuaire) prend un aspect inattendu et décalé. La photographie qui manque trop souvent de morsures se métamorphose en une vision qui pourrait sembler une pure exhibition mais ne l'est pas. Au sein de cette auscultation urbaine, le regard et l'émotion sensorielle sont chaque fois interpelés, surpris, fascinés. La photographie devient ce que Pierre Bourgeade lui demandait : "sous l'œil lumière, de l'ombre au soleil, une fleur carnivore inconnue de nous-mêmes". Le pays que les occidentaux ont tendance à voir comme une masse homogène s'ouvre à une diversité sidérante.

Jean-Paul Gavard-Perret

Françoise Huguier, “Virtual Seoul”, Polka Galerie, Paris, du 10 septembre au 29 octobre 2016.

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