gruyeresuisse

13/08/2016

Face à ce qui se dérobe : Annabel Aoun Blanco


Annabel 2.pngAvec Annabel Aoun Blanco l’image est moins matrice que « trou » fondateur d’un vertige existentiel ou non existentiel. L’artiste crée un espace où le vide se déploie : sa théâtralité n'est pas spectaculaire mais à minima. La femme - « objet » habituel des fantasmes visuels - devient inaffectée dans un espace inaffectable. Aux images oniriques se substitue une nuit mentale, au point que, hors vie psychique digne de ce nom, et, pour reprendre une formule de Antonin Artaud, "l'idée d'une simple vie organique, embryonnaire peut se poser".

Annabel.pngToutes les capacités et les disponibilités du rêve sont retranchées, neutralisées. L'image se dissipe en une forme d’ombre, d'épuisement des possibles. L'image parle une autre langue, trouble la vision, la déconcerte, l'oblige à d'autres chemins que les chemins habituels de l’imaginaire. Il ne s’agit plus de se rincer mais de la « laver » dans une conjonction du proche et du lointain, de l'immédiat et de l'inaccessible : elle est un simple morceau d'espace. Sa fonction n'est plus de restituer le réel mais de faire ressentir la profondeur d'un monde "transparent", presque inconsistant où à la présence se substitue l’absence.

Jean-Paul Gavard-Perret

Annabel Aoun Blanco, « Desvoilés », Galerie Elizabeth Couturier, 10 septembre - 9 octobre 2016.

 

09:19 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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