gruyeresuisse

27/07/2016

Sokolombine ou la colonie pénitentiaire d’Apolonia


Apo.jpgOpaques comme le marbre, translucides comme l'ambre, les portraits d’Apolonia Sokol sont à la fois des fenêtres et des murs. Des attentes aussi.... Surgissent un "réalisme" particulier et une « fiction » du même ordre. Chaque portrait tient en respect le voyeur. Pas de séduction : ni dans les lignes et les formes. Pas plus dans l’aspect des visages. Ils deviennent une présence étrange et obsédante. L'artiste y cultive l'éphémère, le fragile, le désir, la vie. Elle fuit tout ce qui est établi, stable : les certitudes, les habitudes en des rituels qui permettent de toucher à un seuil de l’intime sans forcément le franchir.

Apo2.pngIl n’existe plus de pudeur ou de crainte : juste l’incertitude des êtres. Le désir - si désir il y a - se fonde sur un défaut, une absence face aux représentations héritées qui habitent encore l’esprit des hommes et même des femmes. L’acte de création s’élève contre toute mondanité et interroge ce qu’il en est de l’amour. Il échappe autant à l’illusion qu’à la métaphysique et l’animalité. Ce qui hantait jusque là la vision est déplacé de manière hallucinatoire et réaliste.

Jean-Paul Gavard-Perret

11:26 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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