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22/07/2016

Lena Buhrmann et Sarah Hildebrand : intimités

 

Kugler.jpgLena Buhrmann et Sarah Hildebrand, « Freiraum - Chimère de nos réalités », Fonderie Kugler, Genève du 28 au 30 juillet 2016.

Dans le cadre des « 50 jours pour la photographie, 50JPG » sur le thème « caméra(auto)contrôle », l’exposition « Freiraum - Chimères de nos réalités » est un dialogue entre la sculptrice Lena Buhrmann et la photographe et auteure Sarah Hildebrand. S’opposant à la dictature du virtuel et ses fausses évidences d’une intimité de surface elles proposent  une essentialité cachée : celle des profondeurs de l’être et son secret qui doit demeurer caché. Les œuvres en leurs lignes et formes mystérieuses inventent le discours de l'âme (faute de mieux) et du corps selon des marges substantielles (le blanc) qu’elles incorporent en un appel, une sorte de "coup à porter", à forer mais en retrait. Il s’agit d'enfouir et déployer entre suspens et retombée en "repons" afin de dévoiler la profondeur des contacts toujours et forcément inaccomplis.

aaabubu.jpgLe regard est soumis à un parcours qui déborde et fait repli. Dans le contour, il permet de suggérer un centre en divers plans où existerait un passage à la tombée de l'inhibition capitale. Surgissent un fond, un bruit, un fluide, un flux en un apaisement du blanc lorsque la lumière devient incandescente : "Lumière et non éclairage" disait Bram van Velde. Cette phrase convient parfaitement aux œuvres croisées des deux artistes. Existent l'oxygène de l’art - mais aussi son azote, sa valeur ajoutée en un dévoilement et ce qui n'appartient pas de connaître. Surgit l'équilibre entre l'ellipse - tournée vers le silence - et l'énoncé complexe, entre la nécessité du secret et l'impératif de l'image.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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