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15/07/2016

Dialogues des langues - Adrien Rupp et Léonie Vanay

Viannay.jpgAdrien Rupp & Léonie Vanay, « Esperluette », Collectif Rats, Vitrines des Mouettes, Place de l'Ancien-Port, 1800 Vevey.

 

Adrien Rupp sait qu’il n’y a pas d’avènement de la poésie sans un certain sens du rite de la fusion. D’où, le nouveau couple (après d’autres) qu’il crée artistiquement avec Léonie Vanay. L’immobilisation du désir et son achèvement chez l’un entraîne l’inachèvement chez l’autre. Mais de ce dernier émerge aussi bien le langage poétique que plastique : au sérieux des œuvres plastiques répond l’humour du poète : "Un jour un homme se lève / Il ne reconnaît pas la femme couchée à côté de lui (...) Le café qu'il boit a le goût de jus de pamplemousse son reflet dans le miroir est celui d'un petit garçon chauve en costard / La femme qu'il ne reconnaît pas se réveille, boit le café qu'elle trouve très bon et ne semble pas inquiète de se trouver face à un petit garçon chauve en costard / Il se dit alors que tout est normal et part travailler sans savoir quel est son métier ». Les deux artistes évitent autant le scabreux que frelaté d’une pathologie sentimentale : l’œuvre croisée offre une sensation vitale. Même lorsque celle-ci s’affaisse sous le poids de la vie des émotions plus complexes. Chaque texte en sa concentration comme les images et leurs élancements produisent un renversement : ce qui est de l'ordre de l'impalpable devient matière. Le lecteur/regardeur se retrouve aux sources des langages : les formes décomposent le monde pour le recomposer autrement dans l’espoir de la chimérique expatriation du feu intérieur.

Jean-Paul Gavard-Perret

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