gruyeresuisse

13/07/2016

Féeries de Thomas Huber

 

Huber 3.jpgThomas Huber, Skopia, Genève, Juillet-Aout 2016.
Thomas Huber, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne, 2016.

 

 

Huber.jpgL'oeuvre de Thomas Huber transforme le réel selon des jeux de lignes et de couleurs. Elles aèrent plus qu’elles ne remplissent l'espace leur rythmique particulière. L’artiste crée une forme de rythme qui n'est plus celui de la vie mais qui représente une force poétique. Celle-ci impose un tempo uniforme, décompose le réel par l'assaut réitéré de lambeaux physiques dont toute âme semble avoir disparu. Mais sous l’absence le monde vibre au moment même où le déploiement des lignes pourrait sembler suggérer le vide sur lequel vaque une sorte de silence absolu.

Huber 2.jpgL'Imaginaire produit par effet de froideur une intensité particulière. Chaque lieu fluctue entre centre et absence et ouvre la partie cachée d'une réalité secrète. L’art ne cherche donc plus à singer vie : peuvent soudain se regarder la réalité du monde et ses phénomènes d'une part et l’art de l’autre. De ce dernier émerge la capacité d'exclusion de toute phénoménalité en un travail moins d'abstraction que de dépouillement dont la quintessence n’est en rien statique. Refusant le piège purement "descriptif" Thomas Huber se dégage d'un simple désordre émotif selon une ascèse qui accorde à la vision une profondeur en jouant sur les variations les plus simples pour tarir les sentiments inutiles et superflus.

Jean-Paul Gavard-Perret

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