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11/07/2016

Female Chic, Thema : défaire pour faire


Female Bon 3.pngGina Bucher, “Female Chic. Thema Selection”, Patrick Frey Editions, Zurick, 2016.

Le label de mode Thema installé à Oberdorf près de Zürich a fait bouger les lignes de la haute couture - et non sans scandale - dans les années 70. S’est défini un style aussi séduisant qu’excentrique. Katharina Bebié, Ursula Rodel et Sissi Zöbeli (qui habillèrent tant d’icônes) furent rejointes par Elisabeth Bossard puis par Christa Derungs et maintenant Sonnhild Kestler.

Female bon.jpgLe livre fait le tour des collections où l’androgynie imposée par Yves Saint Laurent prit un nouvel axe plus déshabillé et « misfit ». Les pièces furent vendues d’abord dans la boutique de luxe installée au 9 du Weite Gasse. A l’époque les femmes venaient y chercher un mixage entre un style Hippie et son opposé de type business woman impératrice. Et en 1974 Vogue US déclara le lien comme celui de l’avant-garde fashion.

Female chic 4.jpgL'ensemble  permet de comprendre comment l’œuvre évolue à travers des fondamentaux déclinés parfois dans d'apparentes ruptures. L’histoire de la maison est racontée à travers les témoignages des créatrices comme de celles et ceux qui les accompagnent hier aujourd’hui. Le livre montre comment un certain sens du dénudé et d’effet de plis prouvent que c’est en défaisant qu'on fait. La haute couture peut ainsi créer des déconstructions qui proposent leurs nécessaires césures et hiatus en séquences ou déchirures. L’œil y danse au sein de ballets formels pour des passes inédites.

Jean-Paul Gavard-Perret

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