gruyeresuisse

26/06/2016

Dominique Marie Dejean : les émaux de la faim

 

AAAAD2.jpgL’érotisme habille plus qu’il ne déshabille. Mais pas de la « bonne » façon. Dominique Marie Dejean le sait : elle le cultive au sein de la sophistication et dans un humour que nécessite tout jeu surtout lorsqu’il est voluptueux et dangereux. La langue (plastique ou poétique) pointe entre les lèvres qui conservent la chaleur du foyer. Le corps sort de sa solitude même si parfois il est seul à l’image comme dans le cadre du texte.

AAAAD4.jpgDominique Marie Dejean rappelle de facto que certains mots ne s’écrivent pas vraiment et que les jardins des délices doivent rester invisibles - du moins en leur totalité. Les deux approches mettent en l’état d’écoute. Ils parlent à notre place car ils savent ce que nous ignorons et que nous sommes là réduits à l’état de voyeur donc de souris avec laquelle celle qui se nomme aussi Myss Do joue les chattes perverses.

AAAAD5.jpgTout son travail crée le court-circuit du mental. Mais en partie seulement : car les histoires de l’Eros passent par la tête. Les mots y deviennent images et les images mots sourds. Ils n’ajoutent rien mais ne retranchent pas plus de l’affolement que la créatrice propose. Ses nouvelles feignent de garder le secret du féminin intact mais afin que les certitudes d'un mâle réduit à l’état de bois flotté s’y lézardent.

Dominique Marie Dejean , « Emois et volupté », Les presses Littéraires, 12 E.
Voir : Site Myssdo.

Jean-Paul Gavard-Perret

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