gruyeresuisse

16/06/2016

Dada : de la Suisse à New-York


Dada1.jpg« Dadaglobe Reconstructed », Moma, New-York, 2016.

 

 

 

 

Dada 3.jpgAprès le Musée national suisse et le Kunsthaus de Zurich, le Moma rasssemble plus de cent œuvres créées pour la grande œuvre projetée (et jamais réalisée) de Tristan Tzara « Dadaglobe ». L’ouvrage aurait dû paraître en 1921. Mais à cause de difficultés financières, de reproduction et d’organisation l’auteur dut y renoncer. Cette superbe anthologie de documents dadaïstes montre comment le mouvement fut un catalyseur des arts. Depuis Zurich Tzara avait invité 50 artistes à lui soumettre des oeuvres selon quatre catégories : autoportraits photographiques, photographies d’art, dessins, photomontages ou collages. Les responsables du Moma ont reconstruit ce précieux volume qui ne fut jamais publié

Dada2.jpgL'artiste qui annonçait à sa manière la fin de l'Histoire prouve qu'il espérait malgré tout quelque chose de l'art même s'il n'attendait rien des autres activités humaines. L'art devait rappeler la vie d'avant le jour en de premiers et nouveaux langages qui trouvèrent là un moyen à la fois de renaître ou de s'élever face aux contrefaçons culturelles. Surgit une syntaxe primitive que le monde voulut ignorer. Elle glisse pourtant sans cesse vers le tronc de l'art aussi primitif que d’avant garde (collage, photographie, entre autres). Elle agite autant le plein de l'être que le vide de l’esthète gonflé de la graisse des poncifs plastiques. Tzara voulait par ce biais rappeler que l'infini n'est rien et que nul Dieu n'en sortira jamais.

Jean-Paul Gavard-Perret

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