gruyeresuisse

27/05/2016

Quotidien et rituels : Shuji Kobayashi


AAAAYumi.jpgEn photographiant de jeunes femmes, Shuji Kobayashi saisit le fragile, le mouvant et l'émouvant, le désir et la vie contre la mort accumulée par les habitudes. De ses femmes à demi nues il n'y a rien qui puisse être encore retiré sans annihiler le  propos de l’artiste. Ce qui s’ignore et ce qui se perd demeurera tel quel : l’artiste se contente d’accorder à l’opacité une clarté suggérée.

AAAYUmi 2.jpgLa femme se révèle en son essence. S’y affirme sa différence comme présence puissante et immanente. Les prises s’élèvent contre toute mondanité et interroge ce qu’il en est moins de l’amour que de son aussi longue absence ou attente. Le corps échappe autant à la métaphysique qu’à l’animalité.

 

AAAyumi 3.jpgShuji Kobayashi démystifie un certain érotisme mais de manière hallucinatoire entre l’ombre et la lumière. Il comprend non seulement le corps de ses modèles mais qui elles sont et ce qu’elles peuvent donner en une sorte sinon d’amour du moins de communauté et d’entente tacite. L’atmosphère demeure trouble parce que le photographe et ses égéries sont eux aussi troublés. C’est comme s’ils faisaient ensemble un crumble rhum et cannelle à déguster à deux dans une cérémonie athée.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

16:55 Publié dans Images, Monde | Lien permanent | Commentaires (0)

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