gruyeresuisse

24/05/2016

Naomie del Vecchio : exercices de nudité

 


Del Vecchio 4.jpgLes dessins de Naomie Del Vecchio se rapprochent du réel sans la moindre clémence pour la « bienséance ». Pour autant la Genevoise ne cultive pas l’outrance. Mais corps et paysages se soulèvent ou se creusent au seuil d’un surgissement ou d’un rappel à la jouissance. Il n’est pas jusqu’aux traits embryonnaires de questionner parfois le ciel ou le destin des arbres. S’y inscrit un certain passage des dieux dans la matière du monde. Le but n’est pas l’assouvissement mais la persévérance de la faim. L’art joue pudiquement le jeu du désir pour en disposer autrement.

Del Vecchio 3.jpgLa créatrice nous fait complice de sa psyché mais toujours avec un écart, une distance. L’ironie n’est jamais absente là où le dessin renvoie à la chair du réel comme préalable à sa transformation. Le temps est délimité par un face à face avec la page où l’artiste le couche. Preuve que le dessin - plus que tout autre échange - unit. Son horizontalité est l’épreuve de recommencements insaisissables. Son pouvoir n’est pas d’illusion mais d’étreinte. Les volumes font ce que les caresses font mal. Précipités ils dérobent mais bien mieux que les mains de l’homme.

Jean-Paul Gavard-Perret

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