gruyeresuisse

12/05/2016

Todd Hido et le corps des femmes

 


Hido.pngL’œuvre de Todd Hido reste - entre autres - une traversée du féminin le plus troublant qui soit. Dans les jeux d’ombres et de lumière se cache le secret de l’identification. Les femmes restent aussi énigmatiques qu’impudiques (parfois).

 

 

Hido3.jpgMais le plaisir n’est jamais offert en vrac et en prêt à consommer. La force centrifuge de la photographie n’est pas là pour soulever du fantasme. Elle rappelle la fragilité de l’existence et les forces des désirs refoulés.

Hido2.jpgTodd Hido mène plus loin la nudité selon des voies presque impénétrables. Reste toutefois encore un jardin des délices. Le désir est suggéré en des suites sans complaisance. Mais nous sommes loin des fantômes de château de cartes érotiques. L'artiste refuse que ses images ne soient des ancres jetées dans le sexe pour que le voyeur s’y arrime. Todd Hido cherche moins l’éclat des « choses » visibles que l’éclat du vivant.

Hido 4.jpgLe désir "enfermé" offre une autre "étendue". Le regard n’en vient pas à bout. Le corps n’est plus celui de la béatitude exaltante et il se méfie de sa propre séduction. Le « réalisme » ou plutôt la figuration rapproche inconsciemment d’un souffle de l’origine, de la « nuit sexuelle » qui tente, tant que faire se peut, de se respirer ailleurs par ce qui est suggéré. En conséquence les photographies deviennent « les sanglots ardents » dont parlait Baudelaire.

Jean-Paul Gavard-Perret

16:45 Publié dans Images, Monde | Lien permanent | Commentaires (0)

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