gruyeresuisse

30/04/2016

Cicatrices entre deux rives : Marina Salzmann

 


Salzmann.jpgMarina Salzmann, « Safran », éditions Bernard Campiche. Et "Lectures du livre" dans le cadre de la 4e Nuit de la littérature le 28 mai 2016, Centre Culturel Suisse, Paris.

Née à Villeneuve Marina Salzmann a quitté la ponte orientale du Léman pour son occident. Entre deux rives de la main eau, la fluidité lutte pour ne pas se charger de limon de fin de monde. Situations simples mais décalées et circonstances étranges s’imbriquent là où contre le délétère l’auteur impose à ses personnages comme mot d’ordre la recherche du bonheur. Safran 2.pngLes nouvelles de « Safran » restent à ce titre un plaisir : sous l’apparence douceur l’auteur s’y fait mordante. Chaque texte déshabille un peu plus du corps dans le corps et l’âme sombre de ses désirs. Tant pis pour la tête parfois. Des doigts font leurs métiers. Le dehors passe dedans, des paysages sont soufflés entre les lèvres d’étranges animaux qu’on nomme êtres et qui n’ont d'être que leur ombre. Ils résistent cependant à l’apocalypse comme à ce qui les presse. Leur monnaie de l'infini fait durer leur dépense au jeu du nous. Touchant à leur limite et l'essentiel reste invisible mais de nouvelle en nouvelle il suit son cours.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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