gruyeresuisse

24/04/2016

Les écrins sulfureux d'Eva Weiss


Weiss 5.jpgExistent dans l’œuvre d'Eva Weiss autant une métaphorisation qu’une littéralité. L’intimité est interrogée au plus profond. Cache-t-elle « l’origine du monde » ? Non. L’artiste suggère plutôt que l’on vit à la recherche d'un paradis à jamais perdu puisque caché. Et en une époque où un érotisme hard-core tient le haut du pavé, l'artiste rappelle que la féminité (lesbienne ou non) peut caresser (si l’on peut dire) d'autres ambitions par la sophistication assumée. Contre les prétendus invariants du féminin qui servent de pare-fumée Eva Weiss ouvre à des escapades discordantes par lesquelles elle refuse de céder le pas au convenu du tout venant. 


Weiss 6.jpgLes portraits deviennent des écrins à hantises auxquels la photographe donne une propriété troublante. Ces femmes sont des anges (peut être déchus) mais restent pourtant puissamment terrestres. Le monde devient étoffe dans sa diaphanéité au sein d'une narrativité volontairement mais discrètement fluctuante. Une buée semble soufflée sur la face d’un miroir pour de subtils halos. Au bord de l’extinction et proche d’une renaissance. Surgit par hybridation une humanité plus franche. L’œil d’abord est égaré puis comprend les différences plus que le dualisme basique des genres. L’œuvre oppose au fait « de nature » une autre vérité. Le marbre de la loi générique est remplacé par un autre magister. Eva Weiss ne cherche jamais à provoquer mais à évoquer de manière poétique ce qui fut et reste considéré comme une transgression.

Jean-Paul Gavard-Perret

evaweissphotography.com


Modèles des photos : Lois Weaver & Peggy Shaw.

16:21 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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