gruyeresuisse

12/04/2016

Guy Oberson peintre de l’effacement

 

Oberson.jpg« Zones poreuses », carte blanche à Guy Oberson, à partir du 21 avril au 28 mai 2016 à la galerie C, Esplanade L-Robert 1, Neuchâtel.


Il existe dans l’œuvre de Guy Oberson une radicalité rare et prégnante que l’on retrouve dans ses choix effectués pour sa « carte blanche ». Les œuvres de Jennyfer Alleyn, Guy Oberson, Eric Manigaud, Françoise Pétrovitch, Eric Sansonnens, Heike Schildhauer réagissent en écho de celle de l’artiste où une forme de perte replonge dans un territoire incertain, lacunaire. L’image « parle » encore à la fois comme défaussée mais toujours digne de foi et de puissance. Au vacarme du lyrisme pictural l’artiste répond par ce que Beckett demandait à la peinture : effacements et soubresauts. Les artistes choisis élus pour « Zones poreuses » affichent des murmures pudiques, intenses, métaphoriques.

Oberson 3.jpgChez F. Pétrovitch, G. Oberson, H. Schildauer émergent un chagrin ou désespoir en filigrane au milieu du vide paradoxalement océanique au sein de diverses formes d’abrasion. Le visiteur y erre abandonné et comme envahi au dedans de lui-même. Il se consume parfois au milieu d’un gris d’asphalte. Les images en des éléments parfois épars, disjoints perdurent à peine. Mais elles restent ce qui anticipe une forme de vérité proche du vide et du silence. Les œuvres viennent les recoudre de leur berceuse minimaliste. A la musique intrinsèque des vents de la gloriole fait soudain place l’écho du silence qui n'appartient qu’aux vrais artistes abraseurs de quintessence.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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