gruyeresuisse

11/04/2016

Andrea Heller : possibilités de la trace

Heller.jpgAndrea Heller, « I was wondering about noise”, Muster - Meier, Brunngasse 14 / Brunngasshalde 31, Berne, avril 2016.

Andrea Heller poursuit son travail d’émulsions de formes et de couleurs mais aussi de coulures. L’œuvre traduit et détourne un état ou une peau physique superficielle du monde. Les choses se compliquent parce que cette sortie est animée par un imaginaire en labyrinthe. Andrea Heller sait que ce qui "va de soi" nous masque ce qui est. Il faut aller plus profond. Seul le déplacement impose un dépassement. Il fait surgir le réel dans ses plis et sa complexité.

Heller 2.jpgTrop souvent en effet l’apparence avale. L’artiste la digère. Ou si l’on préfère elle lui donne du corps, la métamorphose en une insatisfaction perpétuelle. Elle crée des trous à combler en une sorte de « paysage » que chaque fois elle pousse plus loin. Ce qu’elle crée, elle le chasse ou plutôt le fait évoluer parce qu'il y a toujours une autre vague à estamper ou à endiguer, une autre paroi à creuser.

Heller 3.jpgPour le réaliser l’artiste accepte de ne plus comprendre les choses les plus simples. Elle découvre ce qui est couvert et couvre ce qui habituellement semble à nu. Elle bouche les blancs par les couleurs. Le langage des lignes et celui des matières crée une compacité subtile plus qu’une épaisseur.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Les commentaires sont fermés.