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07/04/2016

Patricia Laguerre : exil et royaume

Laguerre 5.jpgL’exposition de Patricia Laguerre « Arbo'ville » se poursuit au musée du jardin botanique de Lausanne jusqu'au 24 avril 2016.

 

Les photographies de Patricia Laguerre gardent avant tout une force poétique Impossible de ne pas entrer en leur vibration en rebondissant sur la "peau" des écorces des arbres sur la lèpre de façades. A leurs effractions les arbres répondent. Patricia Laguerre a photographié leurs reflets, comme autant de masques ou de révélateurs d’une portion citadine. L’arbre n’est plus un corps lointain et solitaire dont l’être urbain serait séparé. Parfois il devient une silhouette géante parmi celles des lilliputiens citadins. Mais dans tous les cas son injonction silencieuse est un recours et c’est là un beau paradoxe.

Laguerre 4.jpgAutour de l’arbre louvoie toujours une forme de volupté. Et ce même ou surtout dans les villes. Lausanne ne déroge pas à la règle. Preuve que la photographe - comme elle le propose depuis 25 ans - est toujours concentrée sur le lien qui unit nature et urbanisme. L’arbre devient l’assurance baudelairienne « que le cœur d’une ville change moins vite que celui d’un mortel ». Si la trivialité positive de la première n’est pas forcément sauvée par le second, l’arbre devient l’agent d’union. Son élan vital est un refuge lorsque la ville comme ses habitants ont besoin d’assistance respiratoire pour tenir debout.

Jean-Paul Gavard-Perret

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