gruyeresuisse

25/03/2016

Les cris métaphoriques de Cornelia Eichhorn

Eichornn BON.jpgAvec divers supports (dessins, vidéos, photographies, etc.) Cornelia Eichhorn lutte contre la violence faite aux êtres (femmes) selon des dispositifs très particuliers : ils sont plus poétiques que littéraux - d’où leur puissance. Les corps sont montrés et cachés, crachés, recrachés. Non sans une forme d’alacrité comme d’intensité. Chaque image devient un vertige ou un abîme. Surgit la présence de « qui » nous sommes ou de ce à quoi nous sommes parfois réduit. Le corps devient le mouvement dans la langue plastique. Elle met le désordre en ce qui est nommé avec trop d’imprécision l’amour et qui ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval.

Eichornn.jpgLa femme interrompue retrouve peu à peu ses marques et sa présence. L’artiste réarme l’œil de l’histoire, décolle les critères classiques de représentation, offre une alternative au savoir historique standard dans ses compositions. Elles ont l’intelligence de brouiller les prises de parti  qui ne sont de trop évident parti-pris. Cornelia Eichhorn révèle bien des amnésies volontaires et l’idéologie ne sort blanchie de ces œuvres. Ses rameurs sont obligés de lever l’ancre. Se développe des séries d’« opérations » - au sens premier d’ouvertures.

Dans ce qui tiendra pour beaucoup du scandale le féminin n’est plus un marais impondérable. Surgit - à travers montages, récits, angles de prise de vue - une dynamique inépuisable. Les « saigneurs » de jadis et de naguère ne sont plus que de piètres montreurs de serpent qui sont traités comme le furent souvent les femmes dans la plupart des littératures et iconographies du monde. En résumé Cornelia Eichhorn sort de bien des ornières idéalistes en un substrat expérimental qu’on nommera à la japonais puisque si l’on en croit Kurosawa « plus on est japonais plus on est universel ».

 

Jean-Paul Gavard-Perret

10:00 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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