gruyeresuisse

13/03/2016

Les fugues d’Amanda Charchian

AACC.jpgLes égéries d’Amanda Charchian s’intègrent aux paysages sans pour autant s’y fondre. Elles en défont les contours codés et remettent en jeu la vie. Chaque photographie emporte la nuée des figures en un labyrinthe optique afin que le mimétisme soit mis en abîme. La femme est autant odalisque hiératique que temple d’un monde idéal sophistiqué et minéral. Non sans humour l’artiste fait tomber au fur et à mesure bien des illusions affectives. A cela une raison majeure : le goût des mises en scènes et des fantasmagories.

AACC2.jpgAmanda Charchian remplace les artifices rhétoriques afin d’en créer d'autres - décalés et opposés aux rituels constitutifs du culte de la femme conjugué par les mâles. Elle offre à l’image féminine un passage étranger en ce qui tient de la fugue : le corps reste autant lié à son départ qu’à son arrivée. Au regardeur de se frayer un chemin là où les images relient, divisent des scènes parfois étranges où le tellurique remplace l’évanescence. C’est la marque jusque là manquante du mystère.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

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