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04/03/2016

Fabien Mérelle : dragons et confins

 

Merelle.pngFabien Mérelle, « Reconstruire », 17 mars - 14 mai 2016, Art Bärtschi & Cie, Genève. 
 

Dessiner est pour Fabien Merelle le langage obligé : le plus proche d’un geste premier. Le crayon y précède la pensée, pénètre des lieux inconnus de lui-même. A ce titre et même lorsqu'il est infime son langage découvre pour mettre à mal, par son imagination, les images connues et reconnues. D'où le "pas au-delà" réclamé par Blanchot afin de faire surgir l'image sourde du réel. Farcesque et facétieux l’artiste peut être grave lorsqu’il le faut. Il remonte avec humour les chemins de la vie comme ceux des fantasmagories. La vie semble une fête même lorsque des monstres rôdent. Mais l’artiste s’axe sur les êtres : il évite les pétrifiants nuages qui voudraient les recouvrir de leur chape de plomb sombre.

 

Merelle 3.jpgLe dessin reste moins un défouloir qu’un exutoire à la submersion des êtres et du temps. Fabien Merelle crée des « mensonges » drôles et sidérants. Ils tapent « au pif » dans le mille. L’artiste met en exergue le gain absolu de folie qui donne paradoxalement à l'être un équilibre aussi bien entre les émois du cœur que ceux du corps. Et c'est pour le créateur le moyen de se mettre et de mettre en situation de livrer à proprement parler ce qu'on peut appeler l'expérience existentielle majeure. La vie vient s'offrir avec une évidence que les dessins ne redoublent pas mais anticipent.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

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