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25/02/2016

L'homme dans sa ville : Jacques Berthet

  

Berthet.jpgJacques Berthet, "Un art de la disparition - Rumeurs sur la ville", Centre de la Photographie, Genève, 4 mars,- 8 mai 2016.

 

Jacques Berthet est un photographe paysagiste particulier. Il photographie la nature et les arbres de manière poétique plus qu'académique mais il est aussi photographe de la ville. La radicalité de ses saisies est substantielle. L'architecture rigide, stable, son écorce colorée créent paradoxalement des liens avec l'être même s'il demeure absent des prises. Le photographe retient toujours quelque chose qui est de l'ordre de la « rumeur », de l’appel : ce qui pourrait ailleurs être banal prend un flux nouveau. L’absence appelle la présence.

Sans doute parce que le Genevois revient toujours à la structure. Et son « photographisme » forge une méditation par ce qu'il crée. Il n’existe pas plus de sécheresse que de romantisme. Les déploiements de la nature ou de l'urbain sont autant de directions à suivre. Chaque prise imprègne le regard dans le jeu des lignes et des couleurs. La hauteur et de la profondeur restent fidèles à divers fondements ou fondations. Preuve que l'architecture est plus qu'une mécanique plaquée sur du vivant.

Berthet 2.jpgLa subjectivité de regard reste expressionniste. La création s'élabore au contact d'un « passif » que la photographie reconstruit. Preuve que l'errance émotive par elle seule n'est jamais suffisante. La création s'élabore sous la contrainte de forces extérieures. C'est pourquoi s'il existe des photographes partout, peu ont quelque chose d'intéressant à montrer. Une technique apprise ne fait pas une œuvre, le seul fantasme ne lui accorde pas de valeur et encore moins de vérité. A l’inverse, avec Jacques Berthet, Genève trouve une vérité qui ne correspond pas forcément au titre de l'exposition. Tout au moins la disparition n'entraîne pas l'effacement, elle grouille de rumeurs.

 

J-Paul Gavard-Perret

 

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