gruyeresuisse

24/02/2016

Un printemps suisse pour Marnie

 

Marnie 3.jpgMarnie Weber, « Once Upon a Time in Forevermore », Mamco, Genève, Printemps 2016.

 

La plasticienne américaine Marnie Weber est issue de la scène musicale underground californienne entre autre avec le groupe punk rock « The Party Boys » puis "The Spirit Girls », collectif féminin et féministe. Pluridisciplinaire l'artiste crée photomontages et sculptures à l'univers onirique décalé empli de contes de fées pervertis et pervers. Marnie Weber puise son inspiration  dans la contre-culture, le néo-gothisme, le  surréalisme comme dans le western, le spiritualisme. Tout ce monde doit beaucoup au cinéma Bis hollywoodien et à la culture populaire made in USA. L'excès de zèle gothique noir doit être compris comme une plongée aussi ironique qu’éperdue dans la métaphore angoissante mais aussi cathartique de notre monde.

Marnie 2.pngEn surgissent un bestiaire fantastique et une peuplade de créatures féminines au visage masqué et à la dégaine farfelue. L’exposition du Mamco met particulièrement l'accent sur les collages, sculptures, costumes, vidéos de l’artiste. Le malaise y est une constante au sein des jeux d’oppositions entre l’enfance et l’âge adulte, le féminin et le masculin, l’humain et la bête, la vie et la mort. La porosité des pratiques est au service d’un monde parallèle  dont les lois sont dictées par les délires de l’inconscient. Marnie.jpgLe décor réalisé pour Genève (inspiré de « Sing Me a Western Song » (2007) est celui d’un western dont les édifices sont réduits à des façades de fête foraine. Aux cow-boys sont substitués des clowns, des animaux, des poupées ventriloques et des épouvantails dignes d’une soirée d’Halloween et d’un univers de « freaks ». Le mystère naît d’un « Bricol-bat » hors de ses gonds : s’y promener est vivifiant.

Jean-Paul Gavard-Perret

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