gruyeresuisse

29/01/2016

Marcus Egli et les fables du futur

Egli 3.jpgMarcus Egli, exposition personnelle, Galerie d’(A), Lausanne.

 

Sorties des fonds de l’être les œuvres métalliques de Marcus Egli transforment l’homme en un personnage non identifié. Proches de la S. F. sans pour autant pouvoir s’y assimiler, les « hominiums » sont installés en rassemblements épars ou homogènes. Egli 2.jpgLa pétrification est contredite par des éclats d’espace, leurs respirations profondes : l’exigu fait sonner la vastitude. L’inverse est vrai aussi. Celui qui à la dénomination d’artiste préfère celle de métallier, autodidacte et indépendant, a découvert l’aluminium lors du rachat d’une petite entreprise de fabrication de pièces de quincaillerie. Il a abandonné le bronze et le métal pour ce matériau à la fois ductile et léger et aux moirures particulières.

 

Egli.jpgSa « statuaire » ouvre des profondeurs. Egli présente des « corps » vibrants de solitude et de mutisme. L’œuvre ramène aux mots de le Genèse : "-Et avant le jour de la création qu'y avait –il ?-L'Attente". A ce qui fut sans lumière l’artiste accorde donc une clarté. Cela conduit à l'émerveillement contemplatif. Le travail est animé d’un mouvement sourd, impressionniste, paradoxal. Elle ramène à l’avant et l’après. Le contenu et l'idée qui le requiert forment une continuité segmentée. Chaque personnage dans sa gravité ne suggère pas a priori de pathos. Néanmoins se dilatent ou plutôt moutonnent une révélation étrange et des interrogations sur le futur du monde. Elles se construisent dans un travail qu’on peut qualifier d'ascèse. La communauté humaine et son devenir prennent soudain une présence plutôt inquiétante.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

10:50 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.