gruyeresuisse

27/01/2016

Inferno, inferno – Michel Braun

 

 

Braun 3.jpgMichel Braun, Galerie Alexandre Mottier, Genève

 

Eloigné du purin psychique l’œuvre de Michel Braun se veut absolue présence du noir dans le noir mais loin des contorsions à la Soulages. Restent les martingales aussi sublimement minimales et provisoires et des truffes de lumière noire pour esprit frappeur. Voilà tout ce qui demeure lorsque même les graffitis de latrine finissent par disparaître et que l’ego ne cultive ni haltères, ni gloria.

Braun.pngRares sont donc les œuvres aussi puissantes que celles de Michel Braun. Elles s’impriment dans le sol, parfois en ressortent pour montrer les pas de ceux qui ne sont plus. Le noir de l’histoire est repris par différentes implantations qui voudraient venir à bout de la peste brune. En chaque œuvre un signifier écrase celui d’origine ou la virginité de la matrice première. L’art devient la cérémonie du cri muet à l’épreuve du temps.

Braun 2.pngGicle le sacrifice ou le déblai de l’intériorité que Dante avait tenté de circonscrire dans sa Comédie humaine de la cruauté. Preuve que  le chaos retourne d’où il vient. Tombant autant vers le haut que vers le bas d’abracadabrantesques cendres, en un frôlement d’imprévisibles élytres, pénètrent le regard avec obstination.

Jean-Paul Gavard-Perret

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