gruyeresuisse

21/01/2016

Subversion des images : Denis Savary

 

 

Savary.jpgDenis Savary, « Jour blanc », Centre Culturel Suisse, Paris du 22 janvier au 3 avril 2016.

 

 

Les dessins, vidéos, installations, scénographies et mises en scène de Denis Savary renversent le réel et le plongent dans l’énigme aussi sérieuse que ludique. Tout reste en suspens en de multiples variations là où les éléments surnagent pour que naissent des possibles. Le monde est étrange, il rappelle celui des frères Quay mais en plus enjoué même si les « poupée » de l’artiste ne nous font pas plus de cadeaux qu’il leur en accorde. L’étrange et le mystère habitent les images au moment où Savary revisite l’histoire de l’art dans un foisonnement perpétuel, riche de références littéraires et plastiques.

 

Savary 2.jpgLe plasticien s'approprie matériaux, images et procédures de fabrication dans un processus poétique et critique. Même si les sujets proposés ne parlent pas directement de l'actualité, le rapprochement est inévitable tant la vision devient déstabilisante et l’univers tel qu'il nous est donné à voir se met à "inconsister". Le travail reste de l’ordre d’un maniement calculé. Denis Savary fait surgir des objets-images qu’il place mais n’ordonne jamais pour favoriser l’entrée en jeu d’un signifiant-maître. La "sublimation" travaille à partir de la perte. L’œuvre cadre la béance par divers type de leurres et de pièges. Elle s’oppose aux images habituelles qui tendent à notre décomposition au nom de ce qui dans leur cas n'est qu'une impasse de la jouissance.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

12:00 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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