gruyeresuisse

18/01/2016

Les bonzés font du skiétisme

 

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Le Bonze français fait mentir le fameux slogan publicitaire « Un Ricard sinon rien ». Il en faut deux de plus pour  proposer le trio infernal du paradis terrestre.  Il conjugue une recherche sur le palimpseste de sagesse en ce qui tient d’une surface de réparation. Le processus privilégie d’archaïques figures et quelques mythes sommaires. Le monde s’organise selon les concepts à la mode : résilience et indignation par association du rêve et de l’évidence. En avant les mots face aux maux de l’existence. Leur résonance se veut un coup de gong : ne subsistent que des lallations. Elles n’ont rien d’orgasmiques.

En théorie, la sagesse s’avance à pas de géants. Pont enjambant le fleuve de la vie, table d’orientation indiquant des solutions dignes, (avec trente ans de retard) une pensée new-age, il n'est jamais question d’avancer pas aux forceps dans le corps de la langue et du monde. Le livre fait avaler des couleuvres. Il est anesthésiant. Ses infimes particules permettent aux trois saumons qui veulent remonter la rivière du sens, moins de hisser la pensée à hauteur d’analyse que de nourrir l’économie de marché par un succès de librairies. Dans un texte bourriche les parleurs couvent des œufs de plâtre. La prétendue majesté de l’humanisme y reste artificielle. Là où les auteurs s’estiment en mission export, leur sagesse devient croquette. C’est un open bar dont le buffet à volonté est froid. Plutôt que d’affronter le réel le texte évite les entrechocs et cultive les échappatoires.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Mathieu Ricard, Alexandre Jollien et Christophe André, « Trois amis en quête de sagesse », Coéditions L’Iconoclaste & Allary éditions, 2016.

 

 

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