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13/01/2016

Mathieu Bernard-Reymond : de Grenoble à Lausanne

 

Bernard3.jpgMathieu Bernard-Reymond, « Transform », Galerie Heinzer Riezler, Lausanne, 21 janvier - 5 mars 2016, Lausanne.

Né dans le Dauphiné, Mathieu Bernard-Reymond est devenu photographe en pays de Vaud. Diplômé en science-politique à Grenoble il quitte la France pour la Suisse. Il obtient le diplôme fédéral de l'Ecole d’Arts Appliqués de Vevey. Ancien lauréat de la Fondation CCF pour la Photographie, il aborde la question du paysage selon des montages particuliers : la réalité fait le jeu de l’imaginaire, mais l’inverse est tout aussi vrai. Grâce à l’informatique le plasticien augmente cette propension en accordant à des structures ou des évènements des situations d’aspect baroque (ce n’est donc pas un hasard s’il a reçu en 2009 prix Arcimboldo avec la série « Monuments") au sein même d’un traitement sans afféteries de l’image. Bernard 4.jpgDans sa série « Intervalles », les personnages occupent de manière sidérante le paysage. Ajoutant aux lieux ce qui manque ou faisant disparaître ce qui existe l’artiste devient l’héritier des sirènes antiques. Leurs voix sont remplacées ici par des images « leurres ». Elles attirent et séduisent et leur créateur devient le "transfugeur ». Il prouve que les voies du réel contrairement à celle de Dieu sont pénétrables.

Bernard 2.jpgLe moindre objet (d’une brindille à la coquille d'une pierre) est avalisé comme pion susceptible d'aller à dame ou pièce d'échiquier capable de la diagonale du fou la plus performante. Dans l’infiniment grand comme dans l’infiniment petit l’artiste cherche à savoir où le regard se pose d’abord. Et son art rejoint  une des recherches les plus avancées des sciences cognitives entamée au sein de MIT de Boston sous la direction d’Aude Oliva. Pour Mathieu Bernard-Reymond l’abstrait comme le concret devient le creuset d'un grand spectacle inédit. Il rejoint la matérialité et une forme de mystique. L'œil « écoute » à travers ce que l’artiste lui envoie. Tout dépend à qui l’image s'adresse : le regardeur fait le devenir de figures souveraines.

Jean-Paul Gavard-Perret

19:13 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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