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08/01/2016

Daniel Karrer : superpositions et disparitions

 

Karrer 2.jpg« Daniel Karrer », Edizioni Periferia

 

Daniel Karrer appartient à la lignée (rare) de ce que Beckett nomme « les peintres de l’effacement ». Résolument figuratif le peintre de Bâle n’a pourtant rien d’un réaliste. Ses paysages ou portraits sont en disparition. Sa peinture semble « mal léchée » afin de mieux réintégrer l’espace figural. L’effet de reflet se décale selon un collorisme où les formes du réel retournent à une sorte de vacance. Le reflet qui parcourt le monde occidental s’éloigne.

 

Karrer 3.jpgDaniel Karrer devient le poète d’une forme d’effacement. A la référence fait place sa « fiction ». Les peintures ne sont plus de simples miroirs : elles doublent, dédoublent le réel par un projet narratif visant à constituer un contre-monde face à la réalité. Certes les passerelles existent encore mais il ne faut pas s’y fier. En affaiblissant les codes figuratifs la peinture ne représente plus : elle présente. Un personnage peint ne ressemble pas à un modèle mais à la peinture elle-même.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

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