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01/01/2016

Histoire des avant-gardes européennes

 

Avant-gardes.jpgBéatrice Joyeux-Prunel, « Les avant-gardes artistiques, 1848-1918 », coll. Folio indéit histoire, Gallimard, Paris, 970 pages, 2015.

 

 

Résolument placé du côté du conditionnement et de la contextualité des avant-gardes, ce livre –somme (près de 1000 pages) fait la part belle au mouvement des idées, du système du marché et des techniques plus qu’à l’esthétique à proprement parler. Béatrice Joyeux-Prunel et son équipe s’intéressent prouvent que les stratégies commerciales ou intellectuelles, les découvertes nouvelles demeurent centrales afin de comprendre comment ces mouvements - en caressant des utopies et proposant des remises à zéro - dirigeaient vers des révolutions qui appelaient « la » Révolution. Elle ne viendra pas ou - lorsqu’elle advint - produisit l’inverse que ce que les utopies espéraient.

 

Dada.pngLa pelote de cette « histoire transnationale », déroule une vision européenne des mouvements. Elle est parfois tronquée : le Futurisme demeure sous évalué par rapport aux avant-gardes russes et allemandes. Néanmoins le livre garde un mérite important : arrêter le concept d’avant-garde en 1918. Ce qui est historiquement « inexact » est intellectuellement juste. C’est en Suisse avec le Cabaret Voltaire de Zurich et Dada tout allait être dit. Dada 2.jpgLe Surréalisme ne sera qu’un succédané des derniers mouvements. Duchamp puis Tzara joignant nihilisme, table rase et monde nouveau finissaient de casser les codes. Quant à Malevitch - après ses périodes muralisme byzantino-sécessionniste, fauviste, néo-primitiviste, cubo-futurisme, a-logiste puis suprématisme - il allait se replier - sur une œuvre plus « pondérée ».

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

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