gruyeresuisse

26/12/2015

Avec le temps : Cristina Garcia Rodero

 

Rodero bon 3.jpgChristina Garcia Rodero, Maison européene de la photographie, Lausanne.

 

Avec Cristina Garcia Rodero nous sommes ramenés à un espace de la déposition s’agissant du corps en tant qu’objet de perte et de résurrection. Le secret vient une fois de plus affirmer son autorité car il est au bord du corps. Mais de quel corps s’agit-il  De qui est ce corps ? Les questions sont dangereuses puisqu’il s’agit de celles de l’identité, d’Eros et de Thanatos. Pareille au jeune Igitur de Mallarmé descendant “ le caveau des siens ” l’artiste introduit dans le temps où le “ moi pur ” veut se confondre avec celui des autres. Il est exposé par la photographie à la réminiscence du vide sépulcral  mais aussi au désir.

 Rodero bon 2.jpg

De telles œuvres réveillent le regardeur : il se demande si le tombeau où l’artiste veut l’allonger est le bon. Face aux processions, cohortes ou gisants il est sidéré. La question de l’être reste celle du mystère. Rodero Bon.jpgA partir de là le voyeur croit voir le jour. Il perçoit un corps non fantasmé mais peut-être malgré tout celui qu’il fantasme obscurément. L’espace reste sombre en sa clarté. Les ombres passent, disparaissent, reviennent. L’être comme un animal cherche une cachette au moment où Cristina Garcia Rodero réinvente le secret, le tombeau, la solitude. Le voyeur ne peut plus sortir de telles crevasses.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

11:10 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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