gruyeresuisse

25/12/2015

L’image qui revient : Christian Tagliavini

 

christian-tagliavini1.jpgAvec « 1503 » Christian Tagliavini reprend à sa main les portraits du peintre de la Renaissance Bronzino. Les photographies à la fois transposent et métamorphosent l’iconographie de l’époque. Le pictural se modèle de manière plus frontale et abrupte. Sous le "plat" horizon de chaque photo  surgissent à la fois la profondeur du temps et une vision d’un dicible étrange.

christian-tagliavini3.jpgL’artiste italo-suisse traque ce qui manque à l'image et au portrait  - à savoir son image absente (impossible ?) à travers ses prises. Il resserre leur existence sans chercher à "intellectualiser" et c'est là l'essentiel. Car le photographe sait que tout reste toujours à monter, à découvrir. Par ses prises et recompositions hommes et femmes jaillissent de manière plus impertinente que dans les originaux. L’identité de carnation (à savoir ce que l’être a souvent de profond) se fait plus prégnante et la perfection plus grande. Dans ces œuvres Christian Tagliavini retient ce qui gonfle l’émotion non sans un effet de froideur. D’où l’élan de telles photographies : sous le (beau) prétexte de la reprise, est remisée une donne pour accorder une forme d’éternité au style et au temps.

Jean-Paul Gavard-Perret

09:13 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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