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09/12/2015

Lina Scheynius : journal « intime »

 

Scheynius 3.jpgLina Scheynius, telle une « Mystica Perdita » charnelle, offre au présent sa propre histoire sans entrer dans trop de détails. Mais ceux qu’elles livrent sont toujours sulfureux. Frontières, limites, seuils deviennent pour elle une manière d’explorer ce qui tient à l’incessant devenir de son « moi » corporel. Dès le début du millénaire l’artiste a posté sur le net des autoportraits et des photos très intimes marquées par une sincérité. Celle-ci est sans doute dévoyée par des regards voyeuristes qui n’en retiennent l’aspect salace. La photographe poursuit désormais sa quête filée dans des magazines (Vogue, Dazed and Confused et Oyster) et dans de petits livres dont le dernier est simplement intitulé « 05 ».

 

scheynius.jpgL’exhibition de l’intime exclut les prises d’  « usage » - du type photos de famille. Saisie avec un 35 mm la nudité de l’autoportrait parfois « selfique »- garde un rôle majeur. Il a d’ailleurs fait florès. L’artiste revendique sa stratégie avec désormais l’aval de sa mère. Celle qui fut d’abord blogueuse un rien égotique avait peur de montrer ses photos à sa génitrice. Elle la décomplexa en lui accordant son blanc seing pour ses seins « tous ont été nus au moins une fois dans leur vie. » lui dit-elle. De tels travaux relèvent néanmoins du domaine de l’expérience. L’artiste fait en sorte qu'il y ait une place pour l'interprétation, la lumière et le fun. Par ce journal intime et ses ponctuations l’image maintient le néant à distance et relativise les « choses vues » bien différentes de celles qu’Hugo évoquait par ces termes.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Galerie Christophe Guye, Zurich.

07:46 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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