gruyeresuisse

09/12/2015

Josse Bailly : chemins de traverse

 

Bailly.pngJosse Bailly, du 12 novembre au 12 décembre 2015, Palais de l’Athénée, Salle Crosnier, Genève.

 

Josse Bailly se sert de tout pour créer un univers hybride : ducs italiens, ninja cocaïnomanes, animaux humains sont là pour tourner autant le monde que sa représentation en dérision. L’absurdité rivalise avec le grotesque. L’humour bat son plein au sein d’une production pléthorique dont nul ne se plaindra. L’artiste ne se limite pourtant jamais à l’idée-gag : il assume et assure une picturalité affirmée. Supports et techniques métamorphosent les sujets au sein de divers types de narrations troubles qui sortent des cadres et jouent du réalisme et de l’illusion.

Bailly 2.jpgNe cherchant jamais à séduire Josse Bailly oblige le regardeur à s’interroger sur ce qui lui est proposé. Contre l'embâcle du néant l’œuvre devient un lieu de passage et de transbordement. Quelque chose remue : spasme ou feinte - le doute est permis. Tout bouillonne dans ce travail de mise en abîme et d'exhaussement là où l’image redevient alliance et rappelle au lien de l'être au monde selon des modalités intempestives. Contre la fatigue d'un vivre et les mirages du monde c'est donc bien un appel qui perdure.

Jean-Paul Gavard-Perret

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