gruyeresuisse

05/12/2015

Joanna Ingarden : l’ombre offusquée

 

 

ingarden 2.jpgJoanna Ingarden, « Isocolies », La Menuiserie, Lutry, décembre 2015.

Enfant, l’ombre nous faisait peur. Parfois elle nous terrorise encore. Joanna Ingarden le sait : mais au lieu de l’attaquer de front elle utilise coulées et sfumatos pour que nous redevenions des êtres diurnes et plus vivants que morts. Au lieu de conclure un pacte avec les ténèbres l’artiste les métamorphoses. Un autre monde surgit dans un certain diaphane, un voile particulier fait non pour recouvrir mais pour enrober.

Un monde se libère : il est calme. Effaçant les contours ou altérant les masses l’artiste nous place entre le rêve et le réel. La dureté de se dernier s’estompe. Le monde se soustrait provisoirement à la loi du déclin, de l’usure. Joanna Ingarden l’enveloppe d’une fugace éternité ou d’un bain de jouvence. L’ombre n’est plus le noir. Il devient au besoin la couleur qui rêve le monde. Non seulement elle le colore, elle fait palpiter ses profondeurs.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

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